Qu’est-ce que l’Open Insurance ? 

Dans un contexte de transformation rapide du secteur de l’assurance, s’est développée l’Open Insurance qui ouvre des perspectives très intéressantes pour les assureurs. Qu’est-ce que l’Open Insurance ? C’est la délégation d’une ou de différentes étapes de la chaîne de valeur d’un assureur à des partenaires métiers ou technologiques avec échanges automatisés de données.

Les exemples sont de plus en plus nombreux : prospection web par un comparateur, partenariat de distribution avec un néocourtier, souscription via un site de e-commerce d’une offre d’assurance simultanément à l’achat du bien à assurer (embedded insurance), assurance à l’usage, aide à la gestion des sinistres via une solution d’intelligence artificielle couplée ou non avec de la reconnaissance d’image…

Les conséquences technologiques de ces évolutions sont multiples, les systèmes d’information des assureurs doivent être de plus en plus ouverts pour leur permettre de travailler de manière fluide et sans couture avec un écosystème de partenaires. Dans le cas de partenariat de distribution, ces systèmes doivent être agiles pour s’adapter aux évolutions rapides de distributeurs qui suivent de très près l’évolution des besoins de leurs clients, pour intégrer de nouvelles offres, de nouveaux services et prendre en compte des exigences de plus en plus élevées en termes de rapidité du time to market. Cette ouverture doit s’accompagner d’un renforcement de la sécurité informatique pour éviter l’intrusion de virus ou malware. Enfin, il est nécessaire de mettre en place une couche de monitoring pour se protéger contre la fraude et aussi pour mesurer les performances économiques et financières des différents partenariats en place d’autant que, dans l’assurance, la rentabilité se mesure toujours a posteriori.

Deux stratégies d’Open Insurance sont envisageables

La stratégie du producteur. L’assureur abandonne le contrôle de l’interface client au profit du distributeur qui est en général un spécialiste de l’expérience utilisateur. Il se différencie en utilisant les atouts de ses offres pour accéder aux clients via des plateformes tierces dans le cadre d’un partenariat B2B2B ou B2B2C tout en continuant de collecter de précieuses données sur la sinistralité ce qui peut s’avérer stratégique dans le cadre de nouveaux usages.

La stratégie du fournisseur de services assurantiels. C’est ce qu’on appelle l’Insurance as a Service (IAAS). L’assureur ne fournit ni l’interface utilisateur ni forcément ses produits d’assurance mais il devient un fournisseur de services middle et back office. Il tire ses revenus de la fourniture de services d’infrastructures assurantielles (par exemple : évaluation du risque, gestion des sinistres) et de fonctions middle office telles que par exemple les contrôles KYC (connaissance du client) et LCB-FT. C’est le cas de néoassureurs qui proposent notamment des portails d’API pour créer des produits d’assurance sur-mesure, des outils pour digitaliser la relation avec le partenaire et améliorer l’expérience utilisateur via des flux de données et des datalakes, une gestion des polices sur la blockchain pour automatiser et sécuriser la souscription.

Prospective : l’assurance dans la nouvelle économie

Il est tout à fait envisageable que demain, les usages et les besoins futurs des consommateurs soient adressés dans le cadre de grands écosystèmes dominés par quelques plates-formes digitales. Cela pourrait concerner la mobilité, la maison, la personne, les finances… Il est possible d’imaginer que ces plates-formes, véritables « verticaux » du Web, viennent concurrencer Google, champion de la nouvelle économie. On pourrait aisément imaginer qu’elles deviennent des « Hubs » pour la santé et le bien-être, les déplacements et les voyages, la maison et les loisirs, la finance et les investissements etc…

Les conséquences pour les assureurs sont nombreuses : l’assurance deviendra un service de plus en plus transparent dans ces nouveaux écosystèmes dans la mesure où la priorité restera le traitement de l’usage ou du besoin (me déplacer d’un point A à un point B, construire et développer mon foyer, me sentir bien à tout instant…). Les modèles de distribution de l’assurance vont donc continuer à évoluer vers plus de partenariats, de conseil, de simplification et de sécurité. Le modèle du B2B2C deviendra sans doute de plus en plus dominant. Il est probable que peu d’assureurs auront la capacité à être performants dans l’ensemble de ces nouveaux écosystèmes d’où la nécessité probable du choix d’une stratégie de spécialisation. Enfin, la logique ouverture / sécurisation / monitoring des plates-formes technologiques des assureurs devra être poussée à l’extrême.

Comment se préparer à ces évolutions ? 

Ces évolutions avérées et à venir obligent l’assureur à se questionner sur sa place au sein de son nouvel écosystème. Pour cela, il devra tirer profit de ses forces (confiance des clients, image de marque, sécurité, réseau de distribution, portefeuille de clients), développer son écosystème de partenaires pour répondre à des enjeux clients (prise en compte des moments de vie, s’adapter aux nouveaux usages, proposer des services liés à leur offre d’assurance) et internes (augmenter la connaissance client par la collecte de nouvelles données), identifier de nouvelles sources de croissance et gagner en excellence opérationnelle. S’engager dans l’Open Insurance constitue un véritable projet d’entreprise qui impacte toutes les dimensions du modèle d’affaires.

Mettre en place une stratégie Open Insurance passe par quatre étapes clés :

  1. Réaliser un panorama des innovations : nos équipes interviennent dans le recensement et l’analyse des principales tendances de l’innovation dans l’assurance et le mapping des insurtech.
  2. Identifier les opportunités : nous pouvons vous accompagner dans l’organisation de réunions d’idéation permettant de partager une vision commune de l’Open Insurance, de la stratégie que vous souhaitez mener, et de faire émerger des idées à concrétiser.
  3. Elaborer le business case : nous vous aidons dans l’analyse des opportunités identifiées, depuis la réalisation du business case à l’identification des partenaires potentiels, et à la définition de la feuille de route. Nous combinons nos méthodologies, notre connaissance de vos enjeux et de votre environnement à celui des insurtech pour mener ces études.
  4. Accompagner la mise en œuvre : nous vous accompagnons dans la réalisation de Proof of Concept et la mise en place de partenariats, mais aussi pour « l’Apisation » de vos systèmes d’information, les transformations organisationnelles et l’accompagnement au changement.

Article rédigé par Jean Claude Sudre, Consultant Manager Asigma